L'hygiène hospitalière et la lutte contre les infections associées aux soins

 

L'hygiène hospitalière

Une discipline complexe et exigeante visant d'abord la sécurité microbienne des patients

Cette discipline assez récente, ayant pour objectif essentiel la sécurité microbiologique des patients, concerne, comme son nom l'indique, les établissements de santé.

L'expression a commencé à se répandre en France dans les années 1970. Après la résolution primordiale du Conseil de l'Europe de 1972, due essentiellement au professeur Henri Maisonnet de Rouen, le ministère chargé de la santé a publié en 1973 (18 octobre) une première circulaire sur l'hygiène hospitalière, incitant les hôpitaux et cliniques à la mise en place, notamment, de comités de lutte contre l'infection (CLI). Contrairement à ce que l'on peut lire fréquemment, ce texte français, qui pose la première pierre de cette nouvelle discipline, ne comporte pas l'adjectif nosocomial. L'expression employée est en effet celle d'infections hospitalières. La circulaire suivante, très courte, du 1er septembre 1975, ne comporte toujours pas le terme nosocomial. Ce n'est que bien plus tard que l'adjectif nosocomial sera introduit officiellement dans le vocabulaire français : sauf erreur de notre part, en 1988 dans le premier décret (6 mai) rendant obligatoire le CLIN dans les établissements publics et privés participant au service public hospitalier.

 

Cette discipline qu'est l'hygiène hospitalière a alors petit à petit conquis, difficilement, sa place dans les établissements de santé, au début surtout publics, puis publics comme privés. On peut la définir aujourd'hui comme une discipline complexe et exigeante ayant pour objectif la sécurité microbiologique des activités tant hôtelières que sanitaires dans un établissement de santé (elle ne concerne donc pas que les soins). En cela, l'hygiène hospitalière s'intègre bien dans les démarches qualité et sécurité déployées depuis les années 1990 dans les établissements de santé.

 

Les méthodes et techniques employées se déclinent selon quatre axes principaux :

  1. Le nettoyage et la désinfection de l'environnement du patient,
  2. Le nettoyage et la désinfection, ou la stérilisation selon le cas, des équipements et matériels utilisés pour soigner le patient (des "dispositifs médicaux" pour la plupart),
  3. Le nettoyage et l'antisepsie ou la désinfection de certaines régions tégumentaires du patient et du personnel de soins avant une intervention -de type médicale ou chirurgicale- sur ce patient,
  4. La mise en œuvre de l’asepsie, méthode qui consiste à faire obstacle aux microorganismes lors des soins et qui a recours aux techniques aseptiques (utilisation de masques, gants stériles, champs stériles...).

Pour accomplir leur mission, les personnes chargées de l'hygiène (les "hygiénistes" au sens large) :

  • organisent une surveillance des infections associées aux soins qui sont enregistrées puis analysées,
  • participent à la mise au point de procédures (ou protocoles) de soins et d'entretien des locaux, des équipements et du matériel de soins ("dispositifs médicaux"),
  • contribuent, avec les qualiticiens et les soignants au sens large, à des évaluations sur la mise en application de ces procédures (ou protocoles),
  • réalisent des actions d'information et de formation auprès des différents professionnels de santé,
  • répondent quotidiennement à des demandes d'avis techniques ou de documentation.

 

La lutte contre les infections associées aux soins

Un ensemble d'activités et d'actions tant hospitalières qu'extra hospitalières

 

La notion d'infection associée aux soins demande à être développée, bien qu'elle soit déjà plus explicite que celle d'infection nosocomiale.

Cette expression mérite quelques mots d'explication sur chacun de ses termes : lutte, infection, soin, infection associée aux soins. Ce sont les notions de base de cette discipline.

 

La lutte contre les infections associées aux soins est un ensemble d'activités et d'actions qui concernent tous les acteurs de santé. Elle comprend une panoplie de méthodes qui se complètent entre elles : surveillance, précautions standard, précautions septiques, asepsie, antisepsie, désinfection, stérilisation, filtration, antibiothérapie.

 

 

Un glossaire comportant une définition détaillée de plus d'une trentaine de termes fondamentaux permet d'approfondir la connaissance de ce domaine d'activités.