Le glossaire détaillé

 

Agent infectieux

Agent pathogène de type infectieux, c’est-à-dire capable de déterminer une infection ou maladie infectieuse chez l’homme. La plupart des agents infectieux sont microscopiques (invisibles à l’œil nu). Les seuls agents infectieux macroscopiques (visibles à l’œil nu) sont les parasites macroscopiques tels que les vers intestinaux, ainsi que les puces et poux (ectoparasites) ; une maladie déterminée par un parasite est en principe appelée une infestation plutôt qu’une infection, surtout en cas de parasite macroscopique. À côté de ces agents infectieux vivants, d’autres ne sont pas des êtres vivants : ce sont les virus et les prions (ATNC), tous deux inertes.

Agent pathogène

Élément capable de déterminer une maladie chez l’homme. Dans la physiopathogénie ou genèse d’une maladie, l’agent pathogène n’est pas le seul élément déclenchant de la maladie, mais il apparaît comme le principal. Les agents pathogènes des maladies infectieuses sont appelés des agents infectieux (champignons, bactéries, virus), ceux des maladies cancéreuses des agents carcinogènes (alcool, tabac, amiante…), ceux des maladies toxiques des agents toxiques (plomb, mercure, arsenic, cyanure, formol, monoxyde de carbone…).

Antibiothérapie

L'antibiothérapie est une méthode thérapeutique curative ou préventive, consistant à administrer un médicament de type antibiotique, par voie générale ou systémique le plus souvent. Les antibiotiques sont des médicaments antibactériens qui sont organisés en familles (bêtalactamines, cyclines, macrolides, aminoglycosides, glycopeptides...).

Les antibiotiques se distinguent, d'une part, des antiviraux et des antifongiques, actifs respectivement contre les virus et les champignons, d'autre part des antiseptiques qui sont des médicaments topiques, c'est-à-dire agissant sur le tissu où on les applique (peau ou muqueuse).

Un antibiotique est caractérisé par sa famille, son nom chimique au sein de sa famille (dénomination commune internationale ou DCI), son spectre et sa puissance d'activité, sa pharmacodynamie (caractéristiques de sa diffusion dans les tissus du corps) et ses effets secondaires.

On distingue l'antibiothérapie curative et l'antibiothérapie préventive ou antibioprophylaxie.

Anticorps

Substance chimique de nature protéique et de poids moléculaire élevé (grande taille), qui est synthétisée par des cellules spécialisées du système immunitaire, les lymphocytes de type B. Les anticorps ou immunoglobulines (c’est-à-dire les globulines immunitaires) doivent leur nom au fait qu’ils sont capables de se fixer spécifiquement sur un antigène, celui qui leur correspond (à chaque anticorps son antigène), pour le neutraliser. La mémoire immunitaire permet ainsi aux lymphocytes B, qui ont déjà eu un premier contact avec un antigène donné, de synthétiser des anticorps neutralisants dirigés spécifiquement contre lui, lors d’un second contact.
(Définition provenant du dictionnaire encyclopédique « Le Petit Larousse 2010 » et un peu modifiée).

Antigène

Substance chimique, soit isolée et libre, soit portée par une cellule ou un microorganisme, qui, lorsqu’elle est introduite dans le corps, est susceptible de provoquer une réaction spécifique du système immunitaire visant à la détruire ou à la neutraliser. Les agents infectieux portent ainsi à leur surface des antigènes qui déclenchent des réactions ou réponses ciblées de la part de nos cellules concernées, dont les cellules spécialisées dans l’immunité et tout particulièrement les monocytes sanguins, macrophages tissulaires et lymphocytes B et T.
(Définition provenant du dictionnaire encyclopédique « Le Petit Larousse 2010 » et un peu modifiée).

Antisepsie

L’antisepsie est l’utilisation d’un antiseptique choisi judicieusement pour neutraliser les micro-organismes présents sur une zone de peau ou de muqueuse, qu’elle soit saine ou lésée. Son effet est temporaire, son emploi plus préventif que curatif.
L'asepsie et l'antisepsie, termes souvent confondus,  se complètent efficacement lors de soins.

Asepsie

L'asepsie (étymologie grecque : sepsis, "envahissement microbien" et a privatif, "absence de") est une méthode de soins (mais également de travail en dehors des soins) qui consiste à accomplir une tâche donnée sans apporter de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) au patient (ou à l'objet de sa tâche). Elle repose sur l'utilisation de matériel stérile, de tenue stérile, de couvre-chef étanche, de gants stériles, de masque anti-projection, de micro-filtres à air (filtres à très haute efficacité ou THE) et de système de renouvellement de l'air, sans oublier les règles comportementales. Les procédés employés sont appelés des techniques aseptiques. Le niveau d'asepsie doit être adapté au niveau de risque de la tâche : il peut varier d'un niveau élémentaire à un niveau maximal.
Le terme asepsie est souvent employé à tort à la place du terme antisepsie : c'est un contre-sens. En effet, l'asepsie consiste à faire obstacle à l'afflux de microorganismes, alors que l'antisepsie consiste à les inactiver là où ils se trouvent : c'est bien différent.

Bactérie

Microorganisme unicellulaire n'appartenant ni au règne animal, ni au règne végétal, mais au groupe des Protistes Procaryotes (ni membrane nucléaire, ni organite intra-cytoplasmique excepté les ribosomes). Les bactéries, êtres unicellulaires les plus simples que l'on connaisse, constituent la forme la plus élémentaire de vie.

Communautaire

Se dit d'une infection ou plus généralement d'une maladie. Communautaire est l'adjectif antinomique de nosocomiale : il s'agit d'une infection contractée dans une communauté, donc dans un autre cadre que la collectivité hospitalière (communauté familiale, de sport, de loisir...).

Contage

Support physique, de nature habituellement biologique et de très petite taille, jouant le rôle de véhicule d'agent infectieux entre deux individus (microgouttelettes de secrétions pharyngées, bronchiques ou nasales ; microparticules fécales ; microgouttelettes d’urine). Il s’agit donc d’un substrat. Mais ce terme est très souvent confondu avec ceux de "contagion" ou de "contagiosité" et employé à tort à leur place.

Contagion

"Transmission d'une maladie" d'un sujet atteint à un sujet indemne. Si la contagion ou transmission d’une maladie est une expression consacrée par l’usage, c’est un non-sens physiopathogénique, car une maladie ne peut pas se transmettre étant donné qu’elle est un état d’altération du corps humain. Ce qui se transmet d’un individu à un autre est un agent pathogène, c’est-à-dire un élément capable de déterminer une maladie chez une personne indemne ; mais la transmission de l’agent pathogène ne suffit pas à provoquer la maladie, dont la genèse est multifactorielle : elle est notamment fonction du niveau d’efficacité des défenses immunitaires.

Contagiosité

État caractérisant une personne contagieuse, c’est-à-dire en capacité de transmettre l’agent infectieux qui l’infecte, et cela au cours des actes de la vie courante. La transmission dite interhumaine de cet agent peut s’effectuer de façon directe ou indirecte. Les actes de la vie courante sont : se dire bonjour ou au revoir, se parler, s’embrasser, partager un repas, se distraire ensemble ou encore avoir une relation sexuelle.

Contamination

Apport ou transfert de microorganismes. Ce terme est employé aussi bien pour des êtres vivants que pour des objets. S’agissant de l’être humain, selon que les microorganismes proviennent de l'extérieur de l'individu ou de l'individu lui-même, on parle respectivement d'hétéro-contamination (cas de la très grande majorité des maladies infectieuses virales comme la grippe, les hépatites virales, le sida), ou au contraire d'auto-contamination (cystite à colibacille, folliculite à staphylocoque, abcès dentaire à streptocoque). La transmission inter-humaine n’est qu’un cas particulier de la contamination. Par ailleurs, le terme contamination désigne également le résultat de cet apport ou de ce transfert de microorganismes : par exemple, la contamination d’une main.

Désinfection

C'est l'utilisation d'un désinfectant pour neutraliser les microorganismes présents sur une surface ou un objet inerte, c'est-à-dire sans vie. La désinfection est une opération au résultat temporaire ou encore momentané.
A côté des surfaces, les objets que l'on désinfecte sont :

  • soit des dispositifs médicaux (DM) qui ne nécessitent pas une stérilisation (DM non critiques et DM semi-critiques),
  • soit des dispositifs médicaux qui nécessiteraient une stérilisation mais qui ne la supporteraient pas (DM critiques thermosensibles ou non autoclavables).

Être vivant

Organisme de nature biologique (constitué de protéines, lipides, glucides et acides nucléiques) et organisé en cellules vivantes. La cellule vivante est la plus petite unité de vie. Une cellule vivante est un ensemble cohérent, très souvent autonome, délimité par une membrane plasmique ou cellulaire, contenant un gel appelé cytoplasme, un génome (support de l’information cellulaire héréditaire) sous forme de chromosomes et des organites intracellulaires. Les êtres vivants sont classés en plusieurs règnes, dont le Règne animal et le Règne végétal. L’être vivant le plus rudimentaire connu est la bactérie : elle n’est constituée que d’une seule cellule ne contenant qu’un seul chromosome et qui n’est pas entouré de membrane nucléaire (c’est donc un Procaryote). L’être vivant le plus complexe connu est l’être humain, constitué de quelque 70.000 milliards de cellules et dont le génome est réparti en 23 paires de chromosomes ; l’être humain appartient à l’Ordre des Primates qui fait partie du Règne animal (les bactéries n’appartiennent ni au Règne animal, ni au Règne végétal).

Filtration

C'est l'utilisation d'un micro-filtre (filtre efficace vis-à-vis des biocontaminants) pour épurer un fluide (air ou eau) de ses principaux biocontaminants (agents infectieux véhiculés par différents supports ou substrats). On filtre l'air admis dans les salles d'opération, les salles de conditionnement en stérilisation,  les enceintes aseptiques pour les très grands immunodéprimés et les hotes aseptiques de laboratoire. Les masques anti-projection (masques de soins ou chirurgicaux) et les appareils de protection respiratoire (APR ou masques protecteurs) sont également des filtres à air.
On filtre l'eau pour le lavage chirurgical des mains, le rinçage final de certains dispositifs médicaux non autoclavables (thermosensibles), ou encore la préparation de l'eau pour l'hémodialyse.

Hygiéniste

Il s'agit d'une personne, en principe un professionnel de la santé, qui s'est spécialisée en lutte contre les infections associées aux soins. Un hygiéniste peut exercer l'hygiène à temps plein ou à temps partiel (mi-temps, tiers-temps ou quart-temps). En dessous d'un quart-temps, ce qui représente à peine plus d'une journée par semaine, l'exercice de cette fonction relève de la gageure.
Parmi les hygiénistes, il y a des médecins, des pharmaciens, des cadres infirmiers, des infirmiers et des techniciens de laboratoire. Les sages-femmes et les aides-soignantes hygiénistes sont très peu nombreuses en France.
La compétence des hygiénistes est composée d'un diplôme d'université et d'une expérience de terrain de plusieurs années, cette dernière étant au moins aussi importante que le premier.

Immunité

Ensemble des moyens de défense d'un être vivant vis-à-vis des agents pathogènes, notamment infectieux. L’expression "défenses immunitaires" est souvent utilisée pour le mot immunité. On distingue d’une part, l’immunité naturelle, non spécifique, qui est l’ensemble des moyens de défense innés, dont chaque être vivant sain dispose pour lutter contre toute agression par un agent pathogène (par exemple, la protection naturelle que constitue la barrière cutanée) ; d’autre part, l'immunité acquise, spécifique contre chaque agent pathogène, qui comprend une immunité acquise humorale, assurée par les anticorps synthétisés par les lymphocytes de type B, et une immunité acquise cellulaire, assurée directement par les lymphocytes de type T.
De plus, le terme immunité désigne également l’état d’un organisme qui est protégé de cette façon vis-à-vis d’un agent infectieux donné : par exemple, l’immunité contre le tétanos est obtenue grâce à la vaccination. 
(Définition provenant du dictionnaire encyclopédique « Le Petit Larousse 2010 » et un peu modifiée).

Infection

Une infection est une maladie provoquée par l'envahissement et la destruction de tissus vivants par des microorganismes (agents infectieux microscopiques, essentiellement bactéries et virus).

Une infection peut être locale (peau, gorge, intestin...), régionale (bras, poumon...) ou encore générale (plusieurs régions du corps).

Elle peut être de gravité nulle (bénigne) ou au contraire très grave.

Il existe des infections aiguës (quelques jours), subaiguës (quelques semaines) ou encore chroniques (quelques mois, voire quelques années).

Maladie

État caractérisé par une altération ou encore une perte d’intégrité du corps d’une personne. C’est un terme très général. D’une part, on distingue les maladies selon l’existence ou non de signes cliniques. Les cas de maladie avec signes cliniques sont la situation habituelle et sont appelés cas symptomatiques. Les cas de maladie dépourvus de signe clinique sont beaucoup moins fréquents et sont appelés cas asymptomatiques. D’autre part, on classe les maladies selon leur vitesse d’évolution (des plus rapides aux plus lentes : maladies fulminantes, suraiguës, aiguës, subaiguës, chroniques et latentes), selon l’appareil ou l’organe qui est atteint (maladies neurologiques, pulmonaires, digestives, génitales, cutanées…) ou encore selon leur cause (maladies infectieuses, cancéreuses, toxiques, nutritionnelles, dysimmunitaires, dégénératives…).

Microorganisme

Être vivant microscopique, c'est à dire invisible à l'œil nu et pour l'observation duquel il faut au minimum un microscope ordinaire (appelé photonique ou optique). Leur taille varie d’un tiers de millimètre (environ 300 microns, soit 300 millièmes de mm) pour les plus gros, à un quart de micron (0,25 micron) pour les plus petits. Les microorganismes qui concernent l’homme appartiennent à trois catégories principales : les parasites microscopiques (les uns pluricellulaires comme le sarcopte de la gale, les autres unicellulaires comme le plasmodium du paludisme ou l’amibe de l’amibiase) ; les champignons microscopiques (levures et moisissures) ; les bactéries (unicellulaires Procaryotes). Parmi ces trois catégories de microorganismes figurent de nombreux agents infectieux de l’être humain. Il existe deux autres types d’agents infectieux microscopiques de l’homme qui sont habituellement classés parmi les microorganismes, et cela bien que n’étant pas doués de vie : il s’agit des virus (particules biologiques inertes et intracellulaires) et des prions ou ATNC (agents transmissibles non conventionnels) qui restent encore incomplètement connus.

Nosocomiale

Se dit d'une infection ou plus généralement d'une maladie. Une infection nosocomiale (du latin : nosocomium, l'hôpital) est une infection contractée en milieu hospitalier, (qu'il s'agisse d'un établissement public ou privé et quelle que soit la durée de l'hospitalisation), qu'elle soit iatrogénique (iatrogène, liée aux soins) ou non ; l'adjectif antinomique de nosocomial est communautaire : il s'agit d'une infection contractée dans une communauté, donc dans un autre cadre que la collectivité hospitalière (communauté familiale, de sport, de loisir...).

Physiopathogénie

Mécanisme d’une maladie : il s’agit du processus qui fait passer un individu de l’état de sujet indemne, à celui de sujet atteint par cette maladie ou encore malade (mais il ne faut pas perdre de vue le fait que l’on peut être atteint par plusieurs maladies en même temps). La physiopathogénie est toujours un phénomène complexe, y compris pour les maladies infectieuses où l’on peut avoir une fausse impression de simplicité. Les termes "physiopathologie" et "étiopathogénie" sont parfois utilisés à la place de physiopathogénie.

Porteur

Se dit d’une personne qui héberge un microorganisme potentiellement pathogène pour l’être humain. Par définition, cette personne porteuse n’est pas infectée, mais simplement colonisée ; c’est pourquoi on ajoute en général l’adjectif "sain" au mot porteur ; parfois, c’est l’adjectif "asymptomatique" qui est utilisé ; or, cela ne signifie pas exactement la même chose : le porteur asymptomatique ne se sent pas malade et ne semble pas malade, ce qui n’exclut pas une infection très discrète, dite "silencieuse" ou justement "asymptomatique".
Dans la mesure où le porteur est contagieux, le portage constitue une menace pour son entourage, mais aussi pour lui-même. Toutefois, un porteur sain est moins contagieux qu’un individu infecté, car sa population microbienne est plus faible et elle n’exprime pas de pouvoir pathogène. Un portage se définit par ses deux caractéristiques : le microorganisme en cause et les particularités de sa souche ou clone ; le site anatomique au sein du corps humain, siège du portage (exemples : la vessie, le colon, une plaie cutanée).

Précautions barrière complémentaires

Ce sont des mesures pratiques qui s'appliquent lors des soins et viennent en complément des précautions standard. Ces dispositions correspondent à ce que l'on appelait "isolement septique", notion obsolète. A la différence des précautions standard qui concernent tous les patients et résidants quels qu'ils soient, les précautions barrière ou septiques complémentaires s'appliquent après reconnaissance la contagiosité d'une personne. En principe, c'est un médecin qui prescrit ces mesures. On en distingue trois types :

  • Les précautions barrière complémentaires de type contact ou "C" ;
  • Les précautions barrière complémentaires de type microgouttelettes ou "G" ;
  • Les précautions barrière complémentaires de type particules aéroportées ou "A".

Précautions standard

C'est un ensemble de mesures pratiques que tout soignant est tenu d'appliquer lors d'un soin dispensé à tout patient quel qu'il soit, dans le but d'éviter les dangers microbiens liés au sang (tissu) et aux liquides biologiques de ce patient. Les précautions standard sont issues des précautions universelles qui ont d'abord été définies pour protéger les soignants des virus véhiculés par le sang (virus de l'hépatite B ou VHB, virus du sida ou VIH, virus de l'hépatite C ou VHC), partant du principe que tout patient quel qu'il soit peut être porteur de l'un de ces virus.

Stérilisation

La stérilisation est la mise en oeuvre d’un procédé qui détruit définitivement tout micro-organisme, quel qu’il soit. Un objet qui a été stérilisé ne reste stérile que s’il est protégé de la contamination ambiante, donc si et seulement s’il est emballé. La technique de stérilisation utilisée par les professionnels de santé est presque exclusivement la stérilisation en autoclave à vapeur d'eau à une température d'environ 130 °C et une pression égale à 2 ou 3 fois la pression atmosphérique. Les éléments stérilisables par ce procédé sont dits autoclavables ou thermorésistants : essentiellement les dispositifs médicaux (DM) en inox, linges, liquides.

Surinfection

Deuxième infection surajoutée à une première qui la favorise (on dit que la première "fait le lit de la seconde"). Ce terme de signification précise et non ambiguë a été galvaudé, et l'usage courant l'utilise à l'heure actuelle très souvent (à tort) avec le sens "d'infection non spécifique de lésion ou de tissu pathologique". C'est ainsi que l'on parle d'infection rubéolique (correct), mais aussi de "surinfection de plaie" (incorrect). En revanche, il est correct de dire que le germe le plus souvent en cause dans les surinfections de la rougeole est Haemophilus influenzae.

Surveillance

La surveillance est, en matière d'infection, la pratique consistant à effectuer des enquêtes épidémiologiques, essentiellement enquêtes de prévalence et d'incidence, pour connaître de façon précise la situation infectieuse d'une structure sanitaire, soit de façon ponctuelle et avec un niveau limité de précision (enquête de prévalence), soit sur une période de plusieurs mois et avec un niveau élevé de précision (enquête d'incidence).

La surveillance produit des taux d'infection (taux de prévalence, taux d'incidence) qui permettent d'adapter la prévention.

C'est une méthode de lutte contre les infections associées aux soins pour deux raisons : premièrement, le recueil de données d'infection et leur restitution ont un impact favorable sur les comportements préventifs des acteurs de santé concernés ; deuxièmement, l'analyse des données recueillies permet d'ajuster le programme d'actions préventives.

Toxi-infection

Maladie de mécanisme double, procédant à la fois de l'intoxination (toxinogénèse du microorganisme) et de l'infection (virulence du microorganisme).

Toxine

Substance produite par un organisme, qui se montre nocive pour d'autres êtres vivants. Les toxines sont une composante essentielle du pouvoir pathogène des bactéries. Il en existe de nombreuses variétés, que l'on classe selon leur composition chimique (protéiques ou bien glucido-lipido-protéiques), leur mode de sécrétion (exotoxines, endotoxines), et leur cible (neurotoxines, entérotoxines).
De nombreuses souches de staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) et de colibacille (Escherichia coli) produisent des toxines dont certaines sont très puissantes.

Toxinogénèse

Sécrétion de toxines par un microorganisme (exemples : Clostridium botulinum, bactérie du botulisme qui secrète la toxine botulinique ; Clostridium tetani, bactérie du tétanos qui secrète la toxine tétanique).

Transmission

Processus au cours duquel un agent pathogène, en principe infectieux, est transmis d’un individu à un autre. Le premier individu est appelé émetteur, le second récepteur. Le premier peut être, soit malade, soit porteur sain. La transmission dite interhumaine de cet agent peut s’effectuer de façon, soit directe, soit indirecte. La transmission interhumaine directe concerne les actes de la vie courante et emprunte deux voies principales : la voie du contact ou voie C qui passe le plus souvent par la main ; la voie respiratoire des microgouttelettes ou voie G. La transmission interhumaine indirecte s’effectue par l’intermédiaire d’un vecteur qui est un élément tiers ("courroie de transmission") : il peut s’agir, soit d’un élément vivant (la main d’une tierce personne, un insecte ou un autre animal), soit d’un élément inerte (poignée de porte, interrupteur, téléphone). Les vecteurs inertes sont fort nombreux et un volet important de l’hygiène consiste à lutter contre leur rôle.

Vaccin

Préparation antigénique, soit infectante (vaccins dits "vivants", ou pour les virus vaccins "infectants"), soit inactivée (anatoxines, vaccins dits "tués", ou pour les virus vaccins "inactivés"), dont le pouvoir pathogène est soit nul, soit très faible, et qui est destinée à être administrée à un individu afin de faire apparaître chez lui une protection immunologique spécifique et durable.

Vecteur

Elément qui assure la transmission interhumaine d'un agent infectieux. Dans ce cas, la transmission est dite indirecte, par opposition à la transmission interhumaine directe. Les vecteurs de transmission microbienne sont très nombreux. On distingue les vecteurs inanimés ou inertes des vecteurs animés ou vivants. Parmi les premiers, on trouve le pavillon d'un stéthoscope, la poignée de porte et de fenêtre, le combiné téléphonique, l'interrupteur, le bouton de sonnette. Parmi les seconds, on trouve la main d'une tierce personne, les insectes (moustiques, mouches, moucherons, puces, poux), les oiseaux, les petits mammifères. Grâce à un vecteur, un microorganisme pathogène peut être transmis d'un individu à un autre sous forme infectieuse et donner lieu à une infection chez le sujet récepteur si les conditions sont réunies pour cela.

Virulence

Capacité, que possèdent certains microorganismes qualifiés de virulents, de se multiplier rapidement à l’intérieur des tissus vivants en les envahissant et les détruisant. La virulence caractérise donc les microorganismes capables de déterminer une infection d’évolution rapide et potentiellement grave. Elle s’applique plus particulièrement aux bactéries, chez lesquelles on l’oppose à la toxinogénèse : faculté, que possèdent certains microorganismes (bactéries ou champignons), de secréter des toxines (sortes de poisons pour les cellules ; certaines toxines sont très puissantes et peuvent avoir des effets particulièrement sévères sur la santé).

Virus

Particule infectante inerte, sans vie. Les virus n'ont pas de métabolisme et ne se reproduisent pas (ce sont les cellules qui les répliquent). La particule virale ou virion peut se résumer à une information (génome) associée à quelques enzymes et protégée par une coque appelée capside. L'information virale est lue par les cellules qui vont alors repliquer la particule.