Les méthodes de lutte contre les infections nosocomiales

 

La surveillance

La surveillance est, en matière d'infection, la pratique consistant à effectuer un dénombrement des infections par le moyen d'enquêtes épidémiologiques, essentiellement enquêtes de prévalence et d'incidence, pour connaître de façon précise la situation infectieuse d'une structure sanitaire, soit de façon ponctuelle et avec un niveau limité de précision (enquête de prévalence), soit sur une période de plusieurs mois et avec un niveau élevé de précision (enquête d'incidence).

La surveillance produit des taux d'infection (taux de prévalence, taux d'incidence) qui permettent d'adapter la prévention.

C'est une méthode de lutte contre les infections associées aux soins pour deux raisons : premièrement, le recueil de données d'infection et leur restitution ont un impact favorable sur les comportements préventifs des acteurs de santé concernés ; deuxièmement, l'analyse des données recueillies permet d'ajuster le programme d'actions préventives.

La formation

La formation continue en hygiène est une méthode efficace pour lutter contre les infections associées aux soins. Car les notions, les produits et les techniques d'hygiène sont souvent mal connues et de ce fait mal appliquées. Nombre de professionnels de santé se contentent des éléments appris lors de leur formation initiale, alors que ce domaine évolue rapidement, à la fois sur le plan scientifique, sur le plan technique et sur le plan réglementaire.

Les précautions standard

C'est un ensemble de mesures pratiques que tout soignant est tenu d'appliquer lors d'un soin dispensé à tout patient quel qu'il soit, dans le but d'éviter les dangers microbiens liés au sang (tissu) et aux liquides biologiques de ce patient. Les précautions standard sont issues des précautions universelles qui ont d'abord été définies pour protéger les soignants des virus véhiculés par le sang (virus de l'hépatite B ou VHB, virus du sida ou VIH, virus de l'hépatite C ou VHC), partant du principe que tout patient quel qu'il soit peut être porteur de l'un de ces virus.

Les précautions barrière complémentaires

Ce sont des mesures pratiques qui s'appliquent lors des soins et viennent en complément des précautions standard. Ces dispositions correspondent à ce que l'on appelait "isolement septique", notion obsolète. A la différence des précautions standard qui concernent tous les patients et résidants quels qu'ils soient, les précautions barrière ou septiques complémentaires s'appliquent après reconnaissance la contagiosité d'une personne. En principe, c'est un médecin qui prescrit ces mesures. On en distingue trois types :

  • Les précautions barrière complémentaires de type contact ou "C" ;
  • Les précautions barrière complémentaires de type microgouttelettes ou "G" ;
  • Les précautions barrière complémentaires de type particules aéroportées ou "A".

L'asepsie

L'asepsie (étymologie grecque : sepsis, "envahissement microbien" et a privatif, "absence de") est une méthode de soins (mais également de travail en dehors des soins) qui consiste à accomplir une tâche donnée sans apporter de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) au patient (ou à l'objet de sa tâche). Elle repose sur l'utilisation de matériel stérile, de tenue stérile, de couvre-chef étanche, de gants stériles, de masque anti-projection, de micro-filtres à air (filtres à très haute efficacité ou THE) et de système de renouvellement de l'air, sans oublier les règles comportementales. Les procédés employés sont appelés des techniques aseptiques. Le niveau d'asepsie doit être adapté au niveau de risque de la tâche : il peut varier d'un niveau élémentaire à un niveau maximal.
Le terme asepsie est souvent employé à tort à la place du terme antisepsie : c'est un contre-sens. En effet, l'asepsie consiste à faire obstacle à l'afflux de microorganismes, alors que l'antisepsie consiste à les inactiver là où ils se trouvent : c'est bien différent.

L'antisepsie

L’antisepsie est l’utilisation d’un antiseptique choisi judicieusement pour neutraliser les micro-organismes présents sur une zone de peau ou de muqueuse, qu’elle soit saine ou lésée. Son effet est temporaire, son emploi plus préventif que curatif.
L'asepsie et l'antisepsie, termes souvent confondus,  se complètent efficacement lors de soins.

La désinfection

C'est l'utilisation d'un désinfectant pour neutraliser les microorganismes présents sur une surface ou un objet inerte, c'est-à-dire sans vie. La désinfection est une opération au résultat temporaire ou encore momentané.
A côté des surfaces, les objets que l'on désinfecte sont :

  • soit des dispositifs médicaux (DM) qui ne nécessitent pas une stérilisation (DM non critiques et DM semi-critiques),
  • soit des dispositifs médicaux qui nécessiteraient une stérilisation mais qui ne la supporteraient pas (DM critiques thermosensibles ou non autoclavables).

La stérilisation

La stérilisation est la mise en oeuvre d’un procédé qui détruit définitivement tout micro-organisme, quel qu’il soit. Un objet qui a été stérilisé ne reste stérile que s’il est protégé de la contamination ambiante, donc si et seulement s’il est emballé. La technique de stérilisation utilisée par les professionnels de santé est presque exclusivement la stérilisation en autoclave à vapeur d'eau à une température d'environ 130 °C et une pression égale à 2 ou 3 fois la pression atmosphérique. Les éléments stérilisables par ce procédé sont dits autoclavables ou thermorésistants : essentiellement les dispositifs médicaux (DM) en inox, linges, liquides.

La filtration

C'est l'utilisation d'un micro-filtre (filtre efficace vis-à-vis des biocontaminants) pour épurer un fluide (air ou eau) de ses principaux biocontaminants (agents infectieux véhiculés par différents supports ou substrats). On filtre l'air admis dans les salles d'opération, les salles de conditionnement en stérilisation,  les enceintes aseptiques pour les très grands immunodéprimés et les hotes aseptiques de laboratoire. Les masques anti-projection (masques de soins ou chirurgicaux) et les appareils de protection respiratoire (APR ou masques protecteurs) sont également des filtres à air.
On filtre l'eau pour le lavage chirurgical des mains, le rinçage final de certains dispositifs médicaux non autoclavables (thermosensibles), ou encore la préparation de l'eau pour l'hémodialyse.

L'antibiothérapie

L'antibiothérapie est une méthode thérapeutique curative ou préventive, consistant à administrer un médicament de type antibiotique, par voie générale ou systémique le plus souvent. Les antibiotiques sont des médicaments antibactériens qui sont organisés en familles (bêtalactamines, cyclines, macrolides, aminoglycosides, glycopeptides...).

Les antibiotiques se distinguent, d'une part, des antiviraux et des antifongiques, actifs respectivement contre les virus et les champignons, d'autre part des antiseptiques qui sont des médicaments topiques, c'est-à-dire agissant sur le tissu où on les applique (peau ou muqueuse).

Un antibiotique est caractérisé par sa famille, son nom chimique au sein de sa famille (dénomination commune internationale ou DCI), son spectre et sa puissance d'activité, sa pharmacodynamie (caractéristiques de sa diffusion dans les tissus du corps) et ses effets secondaires.

On distingue l'antibiothérapie curative et l'antibiothérapie préventive ou antibioprophylaxie.

 

Vidéo de 5' qui est un film d'animation pédagogique expliquant le phénomène de la résistance des bactéries aux antibiotiques. A partir du cas d'un patient qui ne guérit pas de son infection malgré plusieurs traitements antibiotiques, on y développe les notions d'infection bactérienne, de défenses immunitaires de l'organisme infecté, de traitements antibiotiques ainsi que leur usage vétérinaire, de mutations du génome bactérien et d'apparition fortuite, de leur fait, d'une souche bactérienne mutante et résistante à un antibiotique donné, puis de sélection de cette souche mutante en raison de l'administration de cet antibiotique et enfin d'infection par cette souche bactérienne mutante qui résiste à ce traitement antibiotique.

Vidéo de 6' 30" (ciblant les élèves de l'enseignement secondaire et le grand public) intitulée "La France malade des antibiotiques". Ce petit documentaire présente le phénomène de la résistance des bactéries aux antibiotiques ou antibiorésistance : son principe, son origine, ses facteurs d'apparition et d'aggravation, son évolution au fil des années et ses conséquences médicales. L'aspect pédiatrique de l'antibiorésistance est plus particulièrement développé et les problèmes posés par les infections graves en soins continus et en réanimation sont mis en avant.

 

Les infections nosocomiales et les principales méthodes de prévention (vidéo)

Vidéo de 9'20" sur les infections nosocomiales et le risque qu'elles constituent, ainsi que sur les principales méthodes de prévention de l'infection acquise en établissement de santé. C'est un film de fiction documentaire, humoristique, dynamique et enlevé, avec beaucoup d'effets spéciaux. Ce document est de qualité professionnelle et le personnage principal, qui joue le rôle d'un patient venant se faire opérer, est un acteur de métier.

Regarder la vidéo

 

Gestion du risque infectieux associé aux soins dans un cabinet médical (vidéo)

Vidéo de 19' sur l'hygiène au cabinet médical. Il s'agit d'un exposé de Monsieur Loïc SIMON, pharmacien hygiéniste, praticien hospitalier au CHU de Nancy et coordinateur du Centre interrégional de lutte contre les infections nosocomiales de l'Est (C-CLIN Est). En s'appuyant sur la nouvelle définition (2007) de l'infection associée aux soins qui prend en compte, contrairement à la celle de l'infection nosocomiale, les activités de soins extra-hospitalières, l'orateur développe les composantes du risque infectieux dans les activités de soins du médecin qui exerce en dehors du contexte hospitalier et les différentes mesures préventives à mettre en oeuvre pour le réduire efficacement.

Ce document peut également être utile aux professionnels de santé soignants non médecins qui exercent en cabinet ou à domicile.

Regarder la vidéo