La surveillance

 

On appelle surveillance d'un phénomène le recueil organisé et méthodique de données épidémiologiques concernant ce phénomène. La surveillance des infections nosocomiales (infections nosocomiales totales ou IN, infections du site opératoire ou ISO, infections acquises en réanimation ou REA, bactériémies nosocomiales ou BN, infections à Clostridium difficile ou ICD) et des phénomènes qui entourent l'infection nosocomiale (fréquence des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques ou BMR, fréquence des accidents exposant au sang ou AES, consommations d'antibiotiquesou ATB) est l'une des grandes méthodes de lutte contre l'infection.

En effet, l'activité de surveillance est bel et bien une action préventive en elle-même, car, aussi bien l'activité de recueil des données que les informations ainsi obtenues et communiquées, ont un impact direct sur l'incidence du phénomène infectieux.

 

La prévalence et l'incidence

Les deux méthodes de base en épidémiologie descriptive sont les enquêtes de prévalence et d'incidence.

  • L’enquête de prévalence permet de calculer la prévalence, qui est le nombre total (nouveaux et anciens) de cas (de maladie) existant à un moment donné, dans une population donnée. Le taux de prévalence résulte de la division de la prévalence par le nombre de sujets (exposés) et de sa multiplication par 100 ; pour certains, on doit toujours l’exprimer sous la forme d’un taux.
  • L’enquête d’incidence permet de calculer l’incidence, qui est le nombre de nouveaux cas (de maladie) survenant pendant une période donnée, dans une population donnée. Le taux d’incidence résulte de la division de l’incidence par le nombre de sujets (exposés) et de sa multiplication par 100 ; pour certains, on doit toujours l’exprimer sous la forme d’un taux.
    Quant à l'effectif de cas cumulés, c'est le nombre total de cas (de maladie) survenus depuis le début d’une épidémie dans la population concernée.
Conception et textes : Stéphane GAYET. Dessin : Elisabeth MAURAY Diagnostiquer, enregistrer, dénombrer et analyser ses infections nosocomiales : c'est là une étape qui est primordiale

 

Les réseaux de surveillance

La surveillance en France est aujourd'hui organisée en réseaux. Ces réseaux de surveillance utilisent des définitions et des critères standardisés et sont coordonnés aux niveaux régional (antennes régionales de lutte contre les infections nosocomiales ou ARLIN), interrégional (centres interrégionaux de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales ou C-CLIN) et national (réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales ou RAISIN).

 

Bien sûr, l'activité de surveillance consomme du temps et de l'énergie. Une surveillance continue à longueur d'année est presque impossible, dans l'état actuel des choses, étant donné le niveau de développement des systèmes électroniques d'information et les charges de travail des professionnels de santé.

 

La figure suivante indique, dans l'interrégion Est, les différentes surveillances en réseau qui sont proposées et les mois de l'année qui sont fixés pour chacune d'elles.

 

Réseaux de surveillance du RAISIN. Auteur : Stéphane GAYET Principales surveillances en réseau de type RAISIN proposées dans l'interrégion Est et mois de l'année pour chacune d'elles

Légende :

ATB : consommations d'antibiotiques

AES : accidents exposant au sang (ils concernent le personnel de soins)

BMR : bactéries multi-résistantes aux antibiotiques

ISO : infections du site opératoire (après une intervention chirurgicale)

REA : infections acquises en réanimation

ICD : infections à Clostridium difficile, responsable de colites épidémiques

BN : bactériémies et fongémies (champignons) nosocomiales (hémocultures).

 

Dessin de Alain Sirvent, texte de Bélom et Gégé, série "Les Toubibs" (éd. Bamboo, France) Les infections post-opératoires se déclarent de plus en plus souvent après le retour à domicile de l'opéré Dessin de Alain Sirvent, texte de Bélom et Gégé, collection "Les Toubibs" (éditions Bamboo, France, 71)